GRAFFMATT

1er Prix du Jury du

12ème Salon de Peinture toutes techniques

Découvrez ses œuvres plus bas !

RankArt : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

GRAFFMATT : Je m'appelle Matthieu Lainé et mon nom d’artiste est GRAFFMATT.
J’ai 31 ans et je suis d'origine de Savoie. Aujourd’hui je vie et travaille chez moi, dans mon atelier à Chambéry.

RankArt : Pratiquez-vous la peinture pour votre loisir ou en tant que professionnel ?

GRAFFMATT : Il y a un mois encore j’étais salarié et occupais un poste d’infographiste. Je viens tout juste de quitter ce job pour me consacrer entièrement à mon activité artistique.

 

RankArt : Quel a été le parcours professionnel et/ou artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste ?

GRAFFMATT : Cette nouvelle vie a été construite sans précipitation. J’ai toujours pratiqué le dessin et étudiant, je me suis orienté à Lyon vers les arts graphiques. Après l’obtention de mon BTS en Communication Visuelle en 2008, j’ai accumulé plusieurs boulots, mais c’est depuis mon inscription à la Maison des artistes en 2013 que j’ai pris cette passion plus au sérieux.

 

RankArt : Pourquoi avoir choisi la peinture comme mode d’expression plutôt qu’un autre ? Quel a été le déclic ?

GRAFFMATT : Entre le graphisme, la vidéo, le son, la peinture, il a fallu que je fasse un choix. Et c’est le dessin qui me fais le plus vibrer. Il n’y a pas vraiment eut de déclic mais plutôt de la curiosité sur l’étendu des techniques que regroupe l’art en général. Cette curiosité me permet aujourd’hui d’être polyvalent. Je suis à l'aise avec les brosses et les feutres acrylique mais j'aime également travailler avec les bombes pour créer des textures.

 

RankArt : Votre vie et ses étapes influencent-t-elles votre art et de quelle manière ?

GRAFFMATT : J’ai eu la chance de grandir dans une famille artistique, avec tout le soutien nécessaire pour foncer. Mais il y a aussi le Hip-Hop qui m’a décoincé de la culture classique et académique qu’on nous enseigne à l’école. J’ai toujours été fasciné par cette liberté d’expression née dans la rue à travers le graffiti, la musique, la danse, etc. Comme beaucoup d’artistes, la musique a son importance dans le processus artistique avec pour ma part une attirance plus particulière pour le Hip-Hop Underground. La scène urbaine est ma principale source d'inspiration. Elle reflète la société dans laquelle nous vivons, un paysage en perpétuel mouvement. J’aime aussi représenter les gens que j'ai pu observer dans la rue, comme pris sur le vif et de les confronter à ce mouvement urbain.

RankArt : Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Que dites-vous de vos œuvres à quelqu’un qui n’a jamais vu une de vos œuvres ?

GRAFFMATT : C’est difficile d’avoir un regard sur soi et son travail. Je suis un « touche à tout » et je ne respecte pas les codes d’un artiste tel qu’on l’imagine : je prends les pinceaux les plus usés pour avoir un effet grunge, des grilles d‘aération en guise de pochoir pour réaliser des trames graphiques, de vieilles éponges pour avoir ce côté trash que je recherche, mais aussi ce dynamisme, cette force et ce caractère que l’on retrouve dans les portraits. Même s’il y a un peu de poésie derrière, avec un travail plus en finesse grâce au Posca, mon travail est assez brutal.

 

RankArt : Qu’est ce qui, de façon générale influence votre peinture (peintre, cinéma, musique, auteur…) ?

GRAFFMATT : Outre la musique Hip-hop, les voyages dans les grandes villes du monde m’ont pas mal influencé. Récemment à New-York où j’ai réussi à profiter pleinement de l’instant présent tout en gardant l’œil artistique en mitraillant avec mon appareil photo. Mais les souvenirs sont encrés en moi. Je me sers surtout de mes photos pour peindre mes scènes urbaines sur toiles ou sur palettes de bois. C’est autre chose que de se promener sur Google Street View (pratique que j’ai longtemps utilisé pour faire du repérage). Il y a vraiment l’ambiance que je recherchais mais paradoxalement je trouve que cette ville se modernise trop vite dans certains quartiers. Cela doit venir de mon attirance pour les lieux vintages ou abandonnés. Je pense que des quartiers comme Harlem ou le Bronx, hauts lieux de la naissance de la culture hip-hop m’auraient davantage plu. Mais malheureusement je n’ai pas eu assez de temps pour m’y aventurer. Une prochaine fois peut-être !

 

RankArt : Quel est le point de départ d’un tableau, la genèse d’une œuvre (un schéma, une image, le hasard, l’imagination seule, un peu de tout ça…) ?

GRAFFMATT : Avant de commencer une œuvre, j’ai déjà construit mon esquisse dans la tête. Ensuite, la technique que j’utilise dépend du choix du support. Si je travaille sur toile je vais réaliser un fond à la bombe, ajouter des textures à l’acrylique et finir au Posca. Sinon je travaille de plus en plus sur bois en reconstituant des palettes déstructurées. C’est assez plaisant de réaliser son propre support et je trouve que ça ajoute encore plus d’originalité à l’œuvre.

RankArt : Avec quel peintre d’hier auriez-vous aimez vous entretenir ? Et pourquoi ?

GRAFFMATT : Edward Hopper. Déjà parce que sa technique impressionniste me séduit autant que celle de Monet, Renoir ou Sisley. Mais c’est surtout le contexte historique dans lequel cet artiste vivait qui m’attire. Une époque où le monde a basculé dans l'ère de l'industrie.

 

RankArt : Et parmi vos contemporains ?
GRAFFMATT : Il y en a pas mal… En étant sur Lyon, j’ai eu la chance de découvrir de près le travail du graffeur Brusk​ (DMV Crew). Ça a été un véritable déclic. Depuis, j’ai voulu moi aussi combiner mon travail de graphisme à l’art. Avec internet j’arrive à suivre son évolution mais j’espère avoir l’occasion un jour de le revoir. Mais il y a aussi le couple allemand Herakut, qui maîtrise totalement le style « esquissé » dans leurs fresques, ou bien Sainer et Betz du collectif polonais Etam Cru avec leurs portraits très réalistes… Tous ces artistes ont leur originalité et apportent de la couleur à tous ces mûrs gris qui demandent qu’à être embelli. Pour moi, ce sont des exemples à suivre.

 

RankArt : Pouvez-vous nous citer un tableau que vous rêveriez de voir en vrai ? Pourquoi ce tableau ?

GRAFFMATT : L'oeuvre "Pluie, vapeur et vitesse – Le Grand Chemin de fer de l’Ouest" (en anglais : Rain, Steam and Speed - The Great Western Railway) de William Turner (1844).

J’aime sa manière d’évoquer le chamboulement de la modernité dans ce paysage « tranquille ».

RankArt : Selon vous, à partir de quel moment un peintre, un photographe, un musicien… devient un artiste ?

GRAFFMATT : Ça dépend de chacun. J’aurais tendance à penser qu’on est toutes et tous des artistes. Il faut parfois pousser la curiosité et creuser au plus profond de soi pour trouver cette âme d’artiste, mais je pense qu’elle existe en chacun de nous, sous plusieurs formes.

 

RankArt : Quelle est l’exposition d’un autre artiste qui vous a le plus marqué ?

GRAFFMATT : Récemment, l’exposition de MAYE (artiste montpelliérain) à la galerie Itinérance à Paris.

En plus de son style illustratif hyper maîtrisé, c’est hallucinant la quantité de détails que ce street-artist envoie, à la fois dans ses tableaux que sur ses fresques.

 

RankArt : Quel est votre plus fort souvenir d’exposition personnelle et pourquoi ?

GRAFFMATT : Je travaille avec les galeries « Carré d’artistes » depuis 2016 et on m’a proposé d’exposer dans leurs 15 galeries de France, simultanément pendant la période de Noël.

Ça a été une expérience de dingue. Il a fallu faire beaucoup de sacrifices et accepter de travailler au rythme d’une machine, mais à la fin le résultat était là. Cela m’a permis d’exploiter de nouveaux domaines et d’acquérir une méthode de travail allant directement à l’essentiel.

 

RankArt : Artistiquement parlant, y a-t-il un rêve que vous n’avez pas encore réalisé ?

GRAFFMATT : Une façade d’immeuble.

 

RankArt : Quelle est votre actualité artistique ? Quels sont vos projets artistiques ?

GRAFFMATT : J’ai récemment été invité par le collectif Birdy Kids pour réaliser plusieurs fresques à l’intérieur du stade de l’Olympique Lyonnais (Groupama Stadium). A terme, ce projet intitulé Offside Gallery a pour objectif de devenir la plus grande galerie permanente d'art urbain en Europe en faisant intervenir des artistes venus du monde entier. Des visites sont prévues, mais il est également possible de voir le résultat de cet ouvrage lorsque vous irez voir un match ou un spectacle sur place.

Sinon en ce moment on peut voir mon travail dans les galeries Carré d’artistes de New-York (dans le quartier de SoHo), Paris (6ème arr.), Lyon l’Expo et Marseille.

 

RankArt : Sur une île déserte vous emportez…

*Quel film ? Ratatouille

*Quel livre ? Le guide de survie de Bear Grylls

*Quelle musique ? Hip-Hop Rap des 90’s (US et FR)

*Quel objet ? Un camtar (remplie de sprays, ça compte?)

*Lequel de vos tableaux ? « Carré blanc sur fond blanc ». Elle n’existe pas encore, j’hésite encore sur les couleurs…

 

RankArt : Quel voyage aimeriez-vous encore faire ?

GRAFFMATT : Tokyo !

 

RankArt : Quelles étaient vos ambitions d’enfant pour votre vie d’adulte ?

GRAFFMATT : Rester un enfant…

Merci Matthieu !

Retrouvez GRAFFMATT sur son site Web, sa page Facebook et Instagram.

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