Annie Ferger

Découvrez ses œuvres plus bas !

RankArt : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Annie Ferger : A bientôt 50 ans, j’ai décidé de me professionnaliser en tant qu’artiste peintre et dessinatrice. Auparavant, j’exerçais le métier d’Educateur Spécialisé. Je suis sourde, appareillée et oraliste. Je vis actuellement en région parisienne mais j’aimerais beaucoup m’installer en Provence (du côté de Istres). J’ai également écrit un livre et un roman graphique (L’Ascension du Mont Baclo et L’Ascension du Mont Baclo – en dessin !).

 

RankArt : Pratiquez vous la peinture pour votre loisir ou en tant que professionnel ?
Annie Ferger : La peinture a d’abord été une passion, puis elle est devenue un mode de vie si bien qu’aujourd’hui je souhaite en faire mon métier, ayant déjà goût à la joie de vendre.

 

RankArt : Quel a été le parcours professionnel et/ou artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste ?
Annie Ferger : Je suis une artiste autodidacte. A l’âge de 5 ans, une institutrice faisait remarquer que je ne dessinais pas comme les autres enfants. Ensuite, lors de séjours en clinique (lorsque je me faisais opérer des oreilles) j’ai découvert la magie des couleurs, en dessinant dans ma chambre aux crayons de couleurs. C’est ainsi que la peinture est arrivée dans ma vie à l’âge de 18 ans, comme une évidence.
Depuis, elle m’accompagne dans tous les instants. J’ai peint pour des amis étudiants ou pas, des collègues de travail, la famille. Aujourd’hui, des amis poètes illustrent leurs écrits ou bien s’inspirent de mes toiles pour créer, ce qui est pour moi un grand honneur.

 

RankArt : Pourquoi avoir choisi la peinture comme mode d’expression plutôt qu’un autre ? Quel a été le déclic ?
Annie Ferger : Le déclic fut en 1988 où je décidai de m’essayer à la peinture à l’huile. Ma mère avait peint à la gouache dans sa jeunesse, je peignais donc déjà avec gouache et aquarelle en plus du dessin. J’écrivais aussi mais la peinture s’est imposée à moi, de façon impérative et naturelle à la fois car, vivant un début de dépression, il me fallait m’exprimer par tous les moyens tout en gardant un espace secret, intime, ce que permettait la peinture davantage que l’écrit.

 

RankArt : Votre vie et ses étapes influencent-t-elles votre art et de quelle manière ?
Annie Ferger : Ma mère ayant conservé ses gouaches (des portraits d’acteurs et des toilettes de dames puisqu’elle voulait devenir styliste), j’étais attirée par ses travaux et allais souvent les consulter.
Au début, j’avais un caractère dépressif, avec des hauts et des bas. Je suis donc passée par des périodes bleues, marrons, rouges, avec de forts contrastes entre la couleur choisie, le blanc et le noir. Mais depuis 3 ans, suite à la guérison de ma dépression et d’une autre maladie, mes couleurs sont variées et surtout très vives. Et j’aime les dégradés, les fondus, toute en nuance. Ce qui donne une peinture apaisée et vivante.

 

RankArt : Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Que dites-vous de vos œuvres à quelqu’un qui n’a jamais vu une de vos œuvres ?
Annie Ferger : Mon travail porte essentiellement autour du portrait, imaginaire avec des couleurs vives. Le trait est prépondérant. Mon univers est surréaliste, dadaïste car j’y mets beaucoup d’humour. J’aime à donner à interpréter, à offrir à tout un chacun la possibilité d’y voir ce qu’il veut ou ce qu’il peut. Le message est à la fois psychologique et spirituel depuis 3 ans. On peut également qualifier mon art comme étant singulier car je m’affranchis de beaucoup de règles.

 

RankArt : Pourquoi ces choix de sujet, de technique, de style ?
Annie Ferger : Depuis 1998, j’utilise essentiellement la peinture acrylique car le séchage est rapide, et la peinture est presque liquide, ce qui permet les dégradés, les nuances, c’est plus pratique pour moi en tout cas. Depuis très jeune, Mucha m’a beaucoup influencé, si bien que le trait reste très présent dans mes œuvres. Je garde encore une affection particulière pour l’Art Nouveau et l’utilise de temps en temps lorsque je crée de l’abstrait. C’est une élégance encore recherchée de ma part aujourd’hui. Sinon, l’art singulier s’impose comme l’expression de la liberté ultime, à mon sens et selon le besoin que je ressens actuellement.

 

RankArt : Qu’est ce qui, de façon générale influence votre peinture (peintre, cinéma, musique, auteur...) ?
Annie Ferger : La photographie a un impact non négligeable. La musique également, je dessine en général en écoutant de la musique (rock, techno) puis certains dessins deviennent des toiles. Beaucoup de peintres ont influencé mon travail tels que Mucha, les impressionnistes, les surréalistes, Marcel Duchamp ; certains m’ont interrogé tels que Van Gogh et les expressionnistes Allemands. J’adore l’œuvre cinématographique de Lars Von Trier dans lequel je retrouve une bonne partie de mon imaginaire.

RankArt : Quel est le point de départ d’un tableau, la genèse d’une œuvre (un schéma, une image, le hasard, l’imagination seule, un peu de tout ça...) ?
Annie Ferger : Tout est prétexte à susciter l’imagination. Regarder un arbre en prenant un café en terrasse, dessiner une personne assise non loin ; une impression laissée par un évènement marquant mais que je reprendrai des mois plus tard ; un lieu dans lequel je me plais (par exemple, lorsque je vais à Istres, je suis toujours inspirée, des mois même après être rentrée en région parisienne). L’imagination seule en dessinant tout en écoutant d’une oreille plus ou moins distraite une émission à la télévision ; je laisse alors courir le stylo sur le papier. Si au début de ma « carrière » j’effectuais beaucoup de portraits réalistes, il n’en va plus de même aujourd’hui.

 

RankArt : Avec quel peintre d’hier auriez-vous aimé vous entretenir ? Et pourquoi ?
Annie Ferger : Léonard de Vinci ! Un grand ami. Parce qu’il était éclectique, curieux, entreprenant, humaniste, il sortait des sentiers battus et puis parce qu’il vécu à une époque beaucoup plus libre qu’aujourd’hui. Et aussi parce qu’il respectait les animaux (rire). C’était quelqu’un de fantastique et pourtant tellement humain, abordable.

 

RankArt : Et parmi vos contemporains ?
Annie Ferger : Jean Kiboi, pourtant nous sommes très différents, mais j’aime sa liberté.
Wendy Thibaudeau, qui travaille à partir de son visage, en numérique.

 

RankArt : Pouvez-vous nous citer un tableau que vous rêveriez de voir en vrai ? Pourquoi ce tableau ?
Annie Ferger : Une toile de Picasso, n’importe laquelle, peut-être davantage un portrait de Jacqueline. Toujours pour la liberté que je ressens à chaque coup de pinceau, cette vie, cette vibration intense qui se dégage des toiles du maître.

 

RankArt : Selon vous, à partir de quel moment un peintre, un photographe, un musicien... devient un artiste ?
Annie Ferger : Dès qu’il s’exprime en se sentant libre. C’est un état d’esprit de voir autrement, d’oser dire, penser, peindre, écrire différemment. Le plaisir n’est pas toujours associé à l’expression, mais s’il s’agit d’un besoin irrépressible, alors un artiste est né quand il ose ; que ce soit seul et caché dans son atelier ou en montrant son travail.

 

RankArt : Quelle est l’exposition d’un autre artiste qui vous a le plus marqué ?
Annie Ferger : Le musée Pablo Picasso. C’était il y a quelques années et pourtant cela reste gravé comme si c’était hier. Je n’ai jamais rien senti de tel et pourtant, j’ose affirmer avoir vu quelques expositions en plus de 30 ans de pratique.

 

RankArt : Quel est votre plus fort souvenir d’exposition personnelle et pourquoi ?
Annie Ferger : En 2003 lorsque j’exposais pour la première fois dans une galerie. Car j’ai vendu ! Malheureusement, je suis tombée malade et n’ai pas renouvelé par la suite. C’est le souvenir qui m’incite à retrouver le chemin des expositions, maintenant que tout va bien.

 

RankArt : Artistiquement parlant, y a-t-il un rêve que vous n’avez pas encore réalisé ?
Annie Ferger : J’aimerais sculpter et creuser la pratique de l’art numérique. Et peindre des toiles de grands formats également. Découvrir d’autres techniques comme l’aérographie. Je rêve à tant de choses qu’il m’est difficile de répondre à un seul rêve en particulier.

 

RankArt : Quelle est votre actualité artistique ? Quels sont vos projets artistiques ?
Annie Ferger : De janvier à février 2019, participation à une exposition collective à la Chapelle Saint Sulpice à Istres (Bouches-du-Rhône). Mes projets sont de participer à des salons (salon d’automne, Figuration critique, Art en capitale etc) de façon à me faire connaitre.

 

RankArt : Pour se faire une idée de votre personnage de façon plus général, j’aime bien soumettre à nos artistes invités les questions un peu naïves du thème de l’île déserte...
-Sur une île déserte vous emportez...
*Quel film ? Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch.
*Quel livre ? L’œuvre de Dieu, la part du Diable de John Irving.
*Quelle musique ? David Bowie
*Quel objet ? La petite danseuse de 14 ans, de Degas.
*Lequel de vos tableaux ? Sahel

 

RankArt : Quel voyage aimeriez-vous encore faire ?
Annie Ferger : Visiter Pétra en Jordanie, la majesté du site m’attire comme un aimant. Des sculptures à ciel ouvert ! Cette prouesse technique impressionnante !

 

RankArt : Quelles étaient vos ambitions d’enfant pour votre vie d’adulte ?
Annie Ferger : Etre infirmière, heureusement pas abouti.

Merci Annie !

Retrouvez Annie Ferger sur son site Web.

© 2016 par RankArt

Autrech 09800 Saint Lary, France

  • Facebook Clean
  • Twitter Clean