Istraille

Medeya Lemdiya : Vivez-vous de la vie d’artiste à part entière ou avez-vous une autre vie à côté ?
Istraille : Non, malheureusement je n'en vis pas encore. Ce qui me bride dans mon travail artistique. Mon travail est Directeur artistique freelance. J'essai de jongler entre l'un et l'autre.

ML : Comment avez-vous attrapé le virus de la peinture ? Y-a-t-il eu un déclic, un déclencheur ? Si oui, lequel ? A quelle période de votre vie ?
Istraille : Tout s'est fait en étape, je ne me suis jamais senti à mon aise avec l'enseignement scolaire. Je trouvais les cours monotones. C'est en 2nd que j'ai commencé à toucher un crayon, au fond de la classe à trouver de beaux lettrages pour du graffiti. Je suis passé à l'aérosol 2 ans plus tard, le temps que mes esquisses se tiennent un minimum. Je me suis senti m'épanouir à travers le graffiti, je sentais qu'il y avait quelque chose pour moi. J'ai donné des cours, des stages avec des maisons de quartier, puis des projets avec mairies et entreprises. Le graffiti m'a appris que tout peut arriver avec du travail. Il m'a permis d'intégrer une école d'art appliqué privé  avec entrée par concours. J'ai appris l'anatomie, le dessin, l'illustration, la peinture, le graphisme. J'ai obtenue mon diplôme en 2007, suite à cela j'ai intégré une agence de communication ou j'ai fait une pause de 3 ans dans le dessin et l'illustration. Puis en 2010,  j'ai profité d'une opportunité d'exposition pour me lancer dans la peinture.

 

ML : Depuis combien de temps ?
Istraille : J'ai peins en graffiti de 2001 à 2004; ensuite de 2004 à 2007, le dessin, la peinture, l'illustration et le graphisme et depuis 2010, je peins sur toile.

 

ML : Quelle est votre formation ? Avez-vous appris à peindre ? Etes-vous autodidacte ?
Istraille : Ma formation de base est la rue avec le graffiti; beaucoup de travail et beaucoup de bloc à dessin de remplis. Sinon, j'ai eu une formation dans l'école Pivaut à Nantes (44). C'est une école privée, avec un gros travail de dessin, d'illustration et de peinture à la façon classique du début du 20's. Beaucoup de travail sur les connaissances de base, l'anatomie, les ombres, les perspectives.... L'école m'a permis de prendre contact avec la peinture à l'acrylique en jus, avec de l'hyper-réalisme. Et en sortant de l'école, j'ai appris à la comprendre en pâte, avec du modelé, puis j'ai aussi essayé la peinture à l'huile.

 

ML : Avez-vous des activités autres que celle d’artiste peintre qui gravitent autour de la peinture (cours, ateliers, décoration, association…) ? Si oui, pouvez-vous développer…
Istraille : Non, mais je pense que je vais me remettre à faire du modèle vivant comme je le pratiquais pendant mes études à mon école d'art. Pour être plus à l'aise et apprendre à me lâcher plus lors de mon travail.

ML : Quel a été votre parcours artistique jusqu’à ce jour (Expos, galeries…) ?
Août 2010 – 1ere exposition, à l'office du tourisme de Moutiers-les-Mauxfaits (85)
Juillet 2012 – Exposition « Danseurs dans tous ses états », Chapelle Claire-Joie, St-Didier-en-Velay (43)
Août 2012 – Exposition collective, Salle La Grange, Retournac (43)
Août 2012 – 32eme Salon International du Puy-en-Velay (43)
Novembre 2012 – Artiste permanent à la Galerie 14, à Agde (11)
Mars 2013 – Artiste permanent à la Galerie Boul'varts, à Albi (81)
Été 2013 – Marchés de la création, à Retournac (43)
Août 2013 – 33eme Salon International du Puy-en-Velay (43)
Mars 2014 – Exposition Bijouterie Kara, à Agde (11)
Mars 2014 – Salon de peinture, à Craponne-sur-Arzon (43), 2ème prix.
Avril/mai 2014 – Exposition à la Galerie Jean-Claude Simon, Hôtel du département de la Haute-Loire (43)

 

ML : Comment définiriez-vous votre travail artistique, votre style ?  Quel est Le cheminement artistique qui vous a mené au travail artistique actuel ?
Istraille : Mon style... Grande question. Je ne peux me définir, je peux juste vous dire que j'aime ce que je fais, et j'essai de le faire le mieux possible. Je m'éclate dans la peinture, elle me libère ! J'ai toujours eu du mal à parler de mon travail, je pense que l'on peut ressentir mon travail dans le graffiti, je veux garder une trace de cette période dans mon travail, car sans le graffiti, je ne peindrais sûrement pas. Par son biais, j'ai appris à travailler le mouvement.

 

ML : Pourquoi ce choix de sujet ?  De  technique ?  De style ?
Istraille : Je ne l'ai pas cherché. Les maîtres de la peinture disaient, « ne cherche pas ton style, c'est lui qui viendra à toi ». J'aime l'homme au sens générique, j'ai besoin de le représenter. Ensuite, on rajoute la force du graffiti, puis ce qui se passe dans ma tête et on obtient mes toiles...

 

ML : Votre vie et votre peinture sont-elles liées ? Si oui, dans quelle mesure ?
Istraille : Au plus profond de moi, oui bien sûr. Ce sont mes toiles qui peuvent répondre à cela, on sent ma période lié au graffiti et l'époque après mon école de peinture.

ML : Qu’est-ce qui, de façon générale, influence votre peinture (Peintre, cinéma, musique, auteur, actualité, introspection, la vie…) ?
Istraille : Je suis passionné par tout ce qui touche à ma vie, la peinture, le dessin, le graphisme, la communication, le design, l'architecture, le cinéma... Ce qui m'amène souvent à énerver ma femme, car cela m'arrive aussi pendant les vacances. Mes yeux travaillent toujours, et je m'ennuierais si cela ne m'arrivait pas !

 

ML : Avec quel peintre d’hier auriez-vous aimez vous entretenir ? Et pourquoi ?
Istraille : Il y en a tellement, bien que je serais trop intimidé pour le souhaiter réellement. Je ne serais quoi dire devant les maîtres de la peinture. Je vais donner un artiste quant même, Alexandre Cabanel, pour son travail sur la transparence, la couleur...

 

ML : Et parmi vos contemporains ? Et Pourquoi ?
Istraille : Mode2 pour le graffiti, c'est juste un maître pour moi. Sinon, David Shevlino, pour comprendre sa vision du mouvement.

 

ML : Quelle exposition vous a le plus marqué ? Et pourquoi ?
Istraille : Ernest Pignon Ernest, La force qui se dégage de son travail. Et me dire, qu'il se balade encore avec son escabeau pour coller ses affiches.

 

ML : Citez un tableau que vous rêveriez de voir (en vrai) ? Pourquoi ce tableau ?
Istraille : Comme ça, je n'en vois pas spécialement... J'ai fait pas mal de musées déjà...

 

ML : Quelles sont vos préférences artistiques  (courants, peintres) ? Pourquoi cette tendance plutôt qu’une autre... ?
Istraille : Je suis plutôt dans le réalisme comme je le disais au-dessus, voir classicisme. J'ai besoin que cela me parle à l'œil. Surement parce-que je ne viens pas réellement du milieu de l'art. Je ne comprends rien au courant artistique moderne, trop conceptuel pour moi.

 

ML : Votre atelier est un endroit, une pièce exclusivement dédié à la peinture ? Un coin du salon ?  Une autre configuration ?
Istraille : Actuellement, c'est un bureau coupé en deux. Une partie pour mon ordinateur avec tout ce qui va avec, écrans, imprimante, livres, dossiers... Et une partie en vrac pour la peinture. J'aimerais avoir un endroit exclusivement pour peindre. Je n'aurais pas peur de faire des tâches aux murs ou sur le sol. On verra cela quant je vivrais de mon art, si j'y arrive.

ML : Comment peignez-vous ? (Chevalet, au sol, sur une table, dehors, en atelier, avec les doigts…)
Istraille : Je n'ai pas de position de prédilection. Cela se fait devant la toile. Je peux être debout ou assis devant un chevalet, tenir ma toile à la main, la toile allongée... C'est au feeling.

 

ML : Quel est le point de départ d’un tableau, la genèse d’une œuvre  (un schéma, une image, le hasard, les rêves, l’imagination seule, un peu de tout ça…) ?
Istraille : Je regarde des vidéos ou des photos de danse, j'ai un déclic et tout s'enchaîne. Soit j'ai une forme vague à partir d'une vidéo de mauvaise qualité, et je travaille autour a créer mon univers; soit d'après une photo, et là pareil, je retravaille autour. Je modifie la position, pour avoir plus de mouvement, la position des bras ou des jambes ne me plaisent pas. Des fois, je me prend en photo pour mieux comprendre dans quelle mouvement est le danseur ou la danseuse. Une fois que le dessin anatomique est posé, je créé l'univers vestimentaires, les couleurs, le fond, que je modifie en cours de peinture selon ce que je ressens.

 

ML : Avez-vous des habitudes de travail en termes d’heure  par exemple ? Peignez-vous régulièrement, tous les jours ou par accès ?
Istraille : C'est plus selon l'envie. Et du fait de mon travail, je ne l'ai pas forcément. Donc je me force, je regarde beaucoup de travail de peintre, et ça me motive.

 

ML : Sur une île déserte, vous emportez…
    -Quel film ?
Istraille : Hurrican Carter, la force de cette histoire vrai me bouleverse.

    -Quel livre ?
Istraille : Je ne suis pas un grand lecteur. Un livre sur comment bien vivre sur un île déserte...

    -Quelle musique, album ?
Istraille : Un album de Ludovico Einaudi « Le Onde »

    -Quel objet ?
Istraille : L'objet qu'il faut prendre sur une île déserte d'après le livre que j'aurais pris...

    -Lequel de vos tableaux ?
Istraille : Je n'ai pas encore peint ce tableau....

 

ML : Quel voyage aimeriez-vous faire ?
Istraille : Il y en a tellement, l'Irlande, l'Écosse, la Norvège, l'Islande, Canada, États-Unis, Australie, l'Europe....

 

ML : Quelles étaient vos ambitions, rêves quand vous étiez enfant ?
Istraille : Je n’ai pas le souvenir d'un rêve en particulier. J'ai toujours voulu aimer ma vie...

 

ML : Pouvez-vous nous exposer vos projets, rêves artistiques dans votre travail d’Artiste pour demain ?
Istraille : Je vais essayer de faire plus de salon de peinture, intégrer d'autres galeries de peinture. J'aimerais commencer à me représenter à l'étranger, pour pouvoir voyager. Et sinon, je veux vraiment en vivre, je sais que c'est ce que je veux faire, et que quant je serais à 100% dedans je pourrais passer un cap.

 

ML : Quelles sont vos expositions à venir ?
Istraille : Je réexpose à la bijouterie Kara à Agde au mois de juillet. Je serais encore un salon International du Puy-en-Velay. Pour le reste on verra plus tard. Ce n'est pas évident de mener deux activités de concert.

 

Merci Istraille.
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