Jean-Denis Walter

Medeya Lemdiya : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Jean-Denis Walter : Jean-Denis Walter, 57 ans, journaliste depuis 1984 et fondateur de la galerie Jean-Denis Walter en 2013, une galerie dédiée à la photographie de sport.

 

MD : Quel a été votre parcours professionnel ?

JDW : Des études littéraires (Hypokhâgne et Licence de  Lettres modernes). Des débuts professionnels début 1981 comme iconographe dans l’agence de ma mère Suzanne qui m’a appris le métier. J’ai travaillé avec elle 2 ans puis j’ai intégré, fin 1982, l’agence Presse Sports (l’agence de presse photo du groupe L’Equipe) comme documentaliste et vendeur. En 1984, je suis parti à VSD comme adjoint au chef du service photo. Début 1986 j’ai rejoint Prima Presse pour la création de Télé Loisirs toujours comme adjoint au chef du service photo. En 1987, je suis débauché par des anciens de L’Equipe qui créent Le Sport, un nouveau quotidien de sport comme chef du service photo. Le journal vivra 10 mois... Début 1989, retour à Prisma Presse comme directeur photo puis rédacteur en chef adjoint du magazine Voici. Je suis également en charge de la création des services photos des nouveaux magazines qui se créent Capital et Gala. 1998, je rejoins comme rédacteur en chef adjoint (en charge de l’image) le Parisien Magazine, un projet qui ne verra pas le jour (il sera finalement lancé 13 ans plus tard). je suis transféré à L’Equipe début 1999 (c’est le même groupe) et prends la direction des reportages photographiques pour tous les magazines. Je prends aussi la direction de l’agence Presse Sports. En 2005, je deviens co-rédacteur en chef de L’Equipe Magazine et abandonne mes autres fonctions. En 2010, fin de L’Equipe Magazine, je deviens conseiller éditorial du magazine Sport&Style un autre magazine du groupe qui devient mensuel. Parallèlement, je conçois et réalise pour le groupe L’Equipe, Hobo, un livre de grands reportages photographiques de sport. Son arrêt après le premier numéro entraîne mon départ en septembre 2012

 

MD : Comment avez-vous attrapé le virus de la photographie et pourquoi ce thème particulier du sport ?

JDW : Le virus de la photo m’a atteint tout petit. Une mère iconographe, des photographes ou autres gens d’images qui dînent souvent à la maison. Un boitier très vite, un labo dans la salle de bains ensuite... Lecteur quotidien de L’Equipe depuis l’adolescence, Passionné de sport, pratiquant (rugby, foot, tennis etc...) et gros consommateur de lectures et d’images de sport.
En fait j’ai juste mixé mes deux passions.

 

MD : Pourquoi avoir créé la Galerie Jean-Denis Walter ? Qu’est  ce qui vous motive à exercer ce métier ?

JDW : Après mon départ de L’Equipe, voyant bien que le métier change, que la presse écrite souffre et que je ne retrouverais sans doute pas un poste équivalent (je parle pas  de la fonction, plutôt des moyens de travailler et des conditions). Je décide de lancer cette galerie. C’est un truc auquel j’avais pensé à l’époque de L’Equipe, mais ce projet était resté dans les tiroirs. Je me lance donc dès mon départ en septembre 2012, fort de mon réseau, (je connais les photographes et ils me font confiance), et de l’envie profonde que j’avais de rester sur mon domaine le photojournalisme de sport. J’ai l’intuition que je peux ouvrir le spectre des collectionneurs. Convaincre les affranchis que la photographie de sport peut être noble, et amener à l’acquisition de photographies originales, des profanes par la passion du sport.

MD : Pouvez-vous nous expliquer le concept de la galerie, sa spécificité ?

JDW : Le fait de proposer des oeuvres originales en éditions limitées est commun à toutes les galeries. La spécificité de celle-ci est d’être dédiée à un thème, le sport, mais surtout d’être éditorialisée. Quand vous entrez dans une image sur le site en cliquant sur «découvrir l’oeuvre» vous lisez son histoire et le témoignage de l’auteur. Pour résumer, je propose des images que j’estime importantes et avec elles leur histoire.  L’acquéreur pourra ainsi la transmettre à ses amis ou visiteurs quand ils seront chez lui et qu’ils poseront les yeux dessus.

 

MD : Comment choisissez-vous les artistes que vous mettez à l’honneur dans votre galerie ? 

JDW : La plupart sont des artistes (français ou étrangers) que je connais bien et dont j’admire le travail. Je les ai publiés, souvent même fait travailler. Je choisis dans les oeuvres existantes et la plupart du temps je sais exactement quelles images m’intéressent. Chacun d’eux peut aussi me proposer d’autres choses. Je ne privilégie pas les photographes de sport. Le thème a été abordé de manière plus ou moins decalée par la plupart des grands photojournalistes. Et j’avais pour habitude de faire faire du grand reportage de sport pour L’Equipe Magazine à des photographes de tous styles et de tous horizons.  J’ai évidemment aussi des candidatures spontanées de photographes que je connais peu ou pas et là je marche au coup de coeur : J’y crois/j’y crois pas. Je peux aussi à l’inverse tomber amoureux d’une photographie et convaincre ensuite son auteur de la déposer dans la galerie. J’essaye au maximum de rester vigilant sur la production actuelle dans mon domaine et dans tous les styles.

 

MD : Actuellement, avez-vous d’autres casquettes que celle de galeriste ?

JDW : Je suis toujours journaliste et même rédacteur en chef et je peux donc  être force de proposition pour des projets éditoriaux pour des entreprises ou des éditeurs. L’objet de ma société (très ouvert), me laisse toutes les possibilités, conseil, producteur et même agent pour tout ce qui touche à la photographie de sport.

 

MD : Quels sont vos projets ? Préparez vous des évènements artistiques ?

JDW : Plus que de préparer des évènements artistiques, je suis au début d’une aventure et mon souci principal est pour l’instant de faire connaitre la galerie et de vendre des oeuvres. Sans assez de recettes, je ne pourrais pas me développer... Mais j’aimerais pouvoir assumer mon projet de base d’une galerie nomade qui se déplacerait partout pour de courtes périodes.

 

MD : Pouvez vous nous parlez de l’exposition en cours dans les murs de la Galerie ?

JDW : A ce titre, mon expo actuelle est une exposition collective qui présente plusieurs auteurs et montre la variété, la qualité et la profondeur de ce qu’on peut y trouver.

MD : Comment peut-on acquérir une œuvre d’un de vos artistes ?

JDW : Sur le site www.jeandeniswalter.fr, on peut découvrir les oeuvres et s’y intéresser. Mais je sais que ce n’est pas évident d’acheter une oeuvre sur internet, en tous les cas pas pour un premier achat. L’acquéreur a souvent besoin et envie de voir physiquement l’oeuvre. L’idéal est donc de se déplacer pour la voir à la galerie ou en tous les cas des équivalents, pour constater la qualité du travail de tirage et d’encadrements et l’effet que ça fait «en vrai». Je recommande donc au moins une visite si c’est possible, si ça ne l’est pas, tout peut se faire par mail ou téléphone, mais il y aura toujours un contact direct avec moi. Je veux discuter avec chacun. Expliquer, transmettre.

 

MD : Quel est l’évènement sportif que vous avez couvert qui vous a le plus marqué ?

JDW : Les émotions les plus fortes sont souvent celles que l’on ressent jeune, alors je dirais que le France-Allemagne de Séville (demi-finale de la coupe du monde de foot en 1982) est celui qui m’a le plus marqué. Son issue négative, sa dramaturgie a généré  une souffrance, une émotion négative certes, mais d’une telle intensité que je ne crois pas avoir vécu l’équivalent en positif. Même si j’ai intensément vécu également plein de joies et été souvent touché par l’âme d’un stade ou la dimension d’un évènement depuis.

 

MD : Selon vous à partir de quel moment un photographe devient-il un artiste photographe ?

JDW : Je propose des photographies qui ont pour la plupart été faites dans le cadre de reportages. A l’origine pas faites pour être des oeuvres d’art, mais qui ont le potentiel pour le devenir par leur force esthétique, le propos qu’elles portent ou l’émotion qu’elles génèrent. Alors je dirai qu’un photo journaliste devient un artiste photographe grâce sa capacité à saisir l’instant décisif (cher à HCB), le moment magique ou les formes s’organisent dans le cadre ou tout est en place et compose une image qui vous parlera pour toujours. Certains l’ont plus que d’autres, mais tous, même ceux dont le pouvoir créatif est moindre ont pu à un moment connaitre ça et faire ce jour-là non pas une bonne photo mais une grande photo.

 

MD: De façon plus générale et pour en savoir plus sur votre personnage, jouons au thème de l’île déserte…

Si vous deviez vous exiler sur une île déserte, vous emporteriez… 

-Quel film ?

Si je m’en tiens à l’île déserte et donc à ma capacité à voir ce film en boucle sans me lasser : Silverado de Lawrence Kasdan, parce qu’il me ramènerait à des souvenirs heureux. Je l’ai vu en boucle avec mon fils ainé quand il avait dix-douze ans.

-Quel livre ?

Replay de Ken Grimwood, ce n’est pas un classique ni une oeuvre dont la puissance vous emporte. Mais quand à sa capacité à booster votre imaginaire et à nourrir mille rêveries, il n’a pas d’égal. Il suffit d’appliquer le pitch à soi même.

-Quelle musique ?

L’album Dark side of the moon de Pink Floyd

-Quel objet ?

Une télévision pour rester ouvert sur le monde.

-Quelle photo et de quel(le) artiste ?

C’est trop dur ! je ne peux pas choisir.

 

MD : Quel voyage aimeriez-vous faire ?

JDW : La Nouvelle Zélande

 

MD: Quelles étaient vos ambitions, rêves quand vous étiez enfant ?

JDW: Je ne rêvais pas d’une carrière particulière, je me suis un peu laissé porté par les évènements et l’opportunité que me donnait ma mère. J’étais comme programmé.

 

MD: Quelles sont les expositions à venir ? 

JDW: Une fois la galerie lancée, j’espère pouvoir faire des expositions évènements où je mettrais en avant un auteur ou un thème, mais rien n’est arrêté pour l’instant.

 

Merci Jean-Denis !

Retrouvez Jean-Denis Walter sur son site Web et sa page Facebook.

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